
Plusieurs approches ont été développées
ces dernières années : point de vue de la Physique
Statistique, théorie statistique de l'apprentissage, etc.
Ces études ne sont, actuellement, pas directement appliquées
à la modélisation cognitive, mais elles permettent
de mieux contrôler les systèmes d'apprentissage à
partir de données, en particulier les modèles classiques
de réseaux de neurones artificiels. Nous sommes convaincus
du fait que ce type d'approche est fondamental pour faire avancer
la modélisation connexionniste des processus cognitifs.
En effet, une meilleure compréhension de la capacité
des modèles classiques et du rôle des représentations
internes dans les réseaux multicouches ou récurrents
est nécessaire, en amont de toute modélisation connexionniste
élaborée. Les réseaux de neurones naturels
sont beaucoup plus hétérogènes et complexes
que les modèles couramment utilisés en Sciences
de l'Ingénieur. Pour modéliser un phénomène
cognitif, il convient généralement d'assembler plusieurs
modèles pris comme briques de base, et de redéfinir
de nouveaux paradigmes d'apprentissage ainsi que des mécanismes
de coopération entre les modules. Pour que de tels dispositifs
restent techniquement opérationnels (indépendamment
du fait qu'ils modélisent correctement le phénomène
étudié), il est indispensable de mettre en oeuvre
de solides connaissances techniques, ainsi que d'élargir
ce type de réflexion à des chercheurs en Sciences
Cognitives issus d'autres disciplines.
C'est dans cet esprit que nous réunirons, à l'Institut des Sciences Cognitives, à Lyon, les 5 et 6 mai prochains.
Ici le programme détaillé
et un formulaire d'inscription (gratuite).
Contact :
Mirta B. Gordon
Jean-Pierre Nadal
Hélène Paugam-Moisy
E-mail : hpaugam@univ-lyon2.fr
(Helene Paugam-Moisy)
Durant les deux dernières décades, les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont connu un développement fulgurant qui touche tous les secteurs d'activité de la société, y compris la cellule familiale. En conséquence, les documents sont de plus en plus conçus et consultés par l'intermédiaire d'un écran d'ordinateur. Le document bi-dimensionnel sur papier devient multidimensionnel et interactif. D'autre part, le développement parallèle du Web et des grandes bases de données a accru de façon considérable la masse des informations accessibles. Dans cette journée seront évoquées des recherches en Sciences Cognitives portant sur la conception et l'utilisation des documents électroniques (ou numériques).Ces recherches pluridisciplinaires diffèrent par l'angle selon lequel elles abordent ce sujet :
Ici le programme détaillé
et un formulaire d'inscription (gratuite).
Contact :
Mireille Bétrancourt
Anne Pellegrin
E-mail : Mireille.Betrancourt@inrialpes.fr
Cette journée se propose de permettre à la communauté scientifique de discuter des différentes approches que l'on peut avoir de la cognition et de la cognition non-standard. Nous entendons par cette dernière expression l'ensemble des prises en compte qui, tout en étant scientifiques, n'appartiennent pas au corpus des "idées établies ", et doivent par-là être considérées comme motrices d'une nécessaire dialectique qui nous amènerait au-delà d'une cognition fondée sur la métaphore du traitement de l'information. Les principales directions retenues sont :
Par ailleurs, la journée comprend des conférences
plénières dans les disciplines des sciences cognitives
(informatique, psychologie, neurosciences, philosophie). Une séance
sera consacrée aux appels à coopération affichés
afin de déboucher sur de fructueuses coopérations
interdisciplinaires.
Contact :
Gérald Foliot
Laurence Sudre
Louis Frecon
Robert Martin
André Chapon
E-mail : gerald.foliot@univ-lyon2.fr
(Gérald Foliot)
Depuis Chomsky, le langage n'a guère été conçu autrement que comme un système formel de traitements symboliques, avec le problème bien connu de l'ancrage symbolique ("symbol grounding problem"). Dans ces dernières années, plusieurs approches très diverses ont tenté de donner un ancrage sensoriel au langage. Il est peut-être temps de réunir, ne serait-ce que comme un premier puzzle, ces approches : c'est l'objet des présentes journées. Il s'agira d'y poser une série de questions qui nous semblent fondamentales pour tester le succès présent et futur d'un tel renversement de perspective.
Dans le domaine des relations sensori-motrices, on voit émerger depuis quelques années un "Système de compréhension des actions" ("Action Understanding System") - notamment à travers les travaux de Rizzolatti et coll. à Parme, et de Decety et Jeannerod à Lyon. Au coeur de ces travaux, on trouve la forte proposition des "neurones miroirs" qui réagissent chez le singe à la fois à la production et à la perception d'actions complexes, et selon une véritable grammaire des actions mettant en relation un agent avec une affordance précise de la prise, et dans certains cas la possibilité de généraliser à d'autres types d'action d'objectif équivalent (changement d'instrument médiatisant l'action, par exemple).
Ce système est donc bien plus qu'un simple processus d'imitation, et semble, aussi surprenant que cela puisse paraître au premier abord, fournir une possible filiation avec le système du langage. Le chemin proposé - par Rizzolatti et Arbib, par exemple - de la compréhension des actions de saisie aux actions de "speech mouthing" (donc, à la parole) reste encore largement une histoire à découvrir et à explorer. L'objectif principal est donc d'expliquer, ou pour le moins de mettre à plat le mieux possible les enjeux de cette filiation.
Une ligne de réflexion possible, qui pourrait être
explorée dans ces journées, est de tester la viabilité
d'un chemin qui partirait du "grasping" avec sa grammaire
d'action, passerait par le "pointing" (la deixis : ou
comment passer de la saisie de l'objet à sa désignation)
puis par un langage de "grande iconicité" comme
la langue des signes (ou comment accéder à un objet
figuré et non réellement présent), jusqu'à
la parole, où l'objet n'existe plus que dans l'accord tacite
entre partenaires. Un premier défi serait alors de poser
la question de l'existence de neurones miroirs pour chacune de
ces actions (grasping, pointing, signing, mouthing). Une deuxième
question porterait sur l'organisation possible (fractionnement
/ dissociation) des architectures neurales de chacun de ces systèmes
: ou dans quelle mesure les modules d'identification visuelle
spécifiant l'affordance, de transport et de pince sont-ils
homologues des différentes composantes qui peuvent être
proposées pour la langue des signes ou la parole. Enfin,
un troisième point concerne les capacités de généralisation
de ces structures, permettant d'accéder, via des apprentissages
contraints, à des grammaires effectives pour chaque système.
Contact :
Christian Abry
Jean-Luc Schwartz
E-mail : schwartz@icp.inpg.fr
(Jean-Luc Schwartz)