Australie

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L'ambition et les moyens
d'être dans le groupe de tête

L'Australie est un pays traditionnellement grand utilisateur des moyens de communication. Ceci se confirme dans l'usage de l'Internet. Environ deux millions de personnes sont connectées, et 23% des petites entreprises. Les premières réflexions sur l'Etat et la société de l'information ont débuté dès 1994. Le pilotage du programme a été confié à un bureau (OGIT) créé à cet effet. Il est placé sous l'autorité d'un chef de l'information du gouvernement (poste constitué pour cela) relevant du ministère des finances et de l'administration. Plus récemment, une deuxième structure (NOIE) a été mise en place pour traiter les questions extérieures à l'administration. Elle est compétente pour l'international, les questions sociétales (réglementation, nommage). Elle relève du ministère de la communication, de l'information économique et des arts.

1. Le premier rapport: les clients d'abord

En Octobre 1994 le ministre des finances charge un groupe d'experts d'identifier les potentialités des NTIC. Le rapport est publié en mars 95. Intitulé "Les clients d'abord: le challenge pour la technologie de l'information de l'Etat" Clients First: The Challenge for Government Information Technology). Le titre exprime clairement l'ambition que l'on retrouve dans les pays "activistes" dans l'usage des technologies de l'information. Le plus grand apport de l'utilisation de ces technologies est "le changement de la qualité, l'étendue et l'adéquation des services au client du gouvernement". Les recommandations sont résumées dans la lettre de présentation du rapport. Les titres des chapitres illustrent efficacement l'ambition: "L'environnement actuel", "donner un cadre au futur", "réaliser le potentiel", "le challenge de la gestion", "en avoir pour son argent", "l'option de sous-traiter", "la conduite du changement".

A la suite de ce rapport, le bureau de la technologie de l'Information de l'Etat (OGIT, Office of Government Information Technology) est créé dans le cadre du Ministère des finances et de l'administration. Ce bureau dispose d'un personnel d'une trentaine de personnes. C'est la structure permanente de réflexion et d'action dans ce domaine. Il est dirigé par le chef de l'information gouvernementale. On confie au "chef" un rôle moteur, on le retrouve chargé de la présidence de plusieurs comités. Ses nom, adresse électronique et téléphone sont affichés, indiquant par là même la volonté d'encourager des relations directes avec lui.

Un comité "scientifique" est mis en place pour conseiller le Ministre des Finances et de l'administration et suivre les travaux de l'OGIT: IT/PAC, Information Technology and Telecommunications Policy Advisory Committee. Ce comité est de taille réduite: huit experts issus du secteur public et privé. Il est présidé par le chef de l'information gouvernementale.

2. "La gestion de l'information du gouvernement comme une ressource nationale stratégique": un rapport très complet

Ce rapport, publié en Août 1997 est sans doute le document récent le plus complet sur le sujet. Il est l'oeuvre d'un comité (Information Management Steering Committee) qui s'est appuyé sur de nombreux groupes de travail. Ceux-ci ont consulté le gouvernement fédéral, les Etats, les administrations des pays étrangers. La table de matière est reproduite ci-dessous


 FOREWORD

   COPYRIGHT

   EXECUTIVE SUMMARY AND RECOMMENDATIONS

   Chapter  1 Background and Scope of Report
   Chapter  2 Government and the Information Society
   Chapter  3 The Commonwealth Information Management Framework
   Chapter  4 Principles —The Values Framework
   Chapter  5 Policy, Planning and Collaboration
   Chapter  6 The Architecture of Access to Information Resources
   Chapter  7 Standards — Facilitating Inter-Working
   Chapter  8 Legislation and Guidance
   Chapter  9 Information Management Reform — The Processes of Change
   Chapter 10 Conclusion

Appendices

   Appendix    I Information Management Steering Committee
   Appendix   II Responses to the IMSC’s Preliminary Report
   Appendix  III Some Definitions of Information Management
   Appendix   IV Organisations Involved in Government Information Management
                 Activities
   Appendix    V Responses from Agencies Performing Whole-of-Government
                 Information Management Functions
   Appendix   VI Existing Legislation Relating to Commonwealth Information
                 Management
   Appendix  VII Information Management Standards
   Appendix VIII Guides to Commonwealth Information Management
   Appendix   IX Glossary, List of Acronyms and Internet Addresses
   Appendix    X References

   LIST OF FIGURES

Le chapitre introductif cite les différents documents sur lesquels se sont appuyées les réflexions du comité. On note un document pratique sur l'Internet "Code of Practice: Using the Internet in Commonwealth Government- Draft" (Août 1996), ainsi qu'une étude conduite sur le sujet de l'information par l'Etat de Western Australia.

On retrouve dans ce document les grandes idées des rapports produits aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne sur le même thème: la bonne gestion de l'information est la clé de la modernisation des services publics, le rapprochement de l'Etat avec les citoyens et les entreprises, la réduction des coûts accompagnée du maintien et du développement de la qualité des services, la disparition des barrières et une plus grande accessibilité.

Dix recommandations sont proposées dans le rapport. Elles soulignent la nécessité d'avoir une méthode et des principes, de donner à des départements un rôle novateur, de créer un comité inter-agences, d'installer un point d'entrée d'information unique, de disposer d'un moteur de recherche et d'un modèle d'indexation (Australian Government Information Locator System, un projet que l'on retrouve aussi aux Etats-Unis), et de désigner un chef de l'information par agence .

3. Le rapport du premier ministre "Investing for growth"

Le 8 décembre 1997 le premier ministre présente son rapport "Investing for growth" précisant les propositions pour accompagner la croissance de l'économie australienne. Un des cinq chapitres est consacré à la société de l'information "The Information Age". Plusieurs décisions sont annoncées concernant l'Administration:

Les propositions d'"Investing for growth" ne se limitent pas au gouvernement mais touchent aussi l'éducation, le développement d'une prise de conscience des potentialités de la société de l'information (laboratoire itinérant, un site web, une ligne de téléphone pour répondre aux questions, des malettes de formation, et un programme pour les personnes agées, les handicapés), développement d'une "business Online Initiative", et d'une "Online Trade Strategy".

3.1 Les trois actions de Government On-Line pilotées par l'OGIT

L'OGIT a été chargé de coordonner le projet "Government On Line". Ce projet est suivi par un comité interministeriel technique ("Interagency Steering Committee") restreint de 11 personnes et présidé par le Chef de l'information du gouvernement. Il a une double tutelle: "finances et administration" et "communication, économie de l'information et arts". On souligne au passage le changement récent de l'intitulé du ministère de la communication et de la culture qui ajoute le domaine d'économie de l'information.

Ce comité est chargé de:

Trois projets sont en cours de développement, chacun étant piloté par un groupe de travail:

3.2 National Office for the Information Economy (NOIE)

Cette entité de création récente (fin 1997) est rattachée au Ministère pour les communications, l'Economie de l'Information et les Arts. Le NOIE va jouer un rôle de conseil et de développement sur les aspects légaux, la réglementation, l'infrastructure y compris celle permettant le développement du commerce électronique. Il devra aussi veiller à la cohérence des prises de position vis à vis de l'étranger et assurer un suivi des politiques au niveau de l'administration. Le bureau est dirigé par un Directeur et assisté par un comité de réflexion dont les membres (cinq) viennent principalement du secteur privé.

La liste des actions récentes et programmées donne une bonne indication des préoccupations de NOIE:

Il semble bien que l'une des préoccupations majeures de ce nouvel organisme soit le commerce électronique avec toutes les questions qui y sont liées. Il a organisé une conférence nationale (national summit on electronic commerce "E-Commerce Enabling Australia" et se propose d'organiser 15 séminaires régionaux "pour aider les régions à réaliser le potentiel d'un environnement en ligne". Cliquer ici pour une description plus complète des activités:

4. Quelques commentaires

4.1 Le Chef de l'Information de l'Administration

Ce point fort est moins souligné dans les autres pays. L'Australie met l'accent sur la nécessité d'un leader, d'un coordinateur autant au sein du gouvernement (il semble que le ministre de la communication, de l'économie de l'information et des arts prenne la pas sur celui des Finances-Administration) qu'au niveau de l'administration avec le "Chief Government Information Officer". Cet accent mis sur des responsables de l'information s'accompagne d' une prise de conscience, sans doute plus formulée qu'ailleurs, du rôle stratégique d'une bonne gestion de l'information.

4.2 Les points d'entrée

Sans se polariser sur la notion de guichet unique, on souligne la nécessité de points d'entrée dotés d'ailleurs chacun de moteurs de recherche. On note particulièrement le "Australian Commonwealth Entry Point" qui recense les différents points d'entrée. On note aussi "BizLink" qui voudrait être le service d'information pour les entreprises et qui dès maintenant permet d'accéder à plus de 500 programmes d'aides et d'assistances pour le petites entreprises tant aux niveaux fédéral que régional et territorial ainsi qu'à 260 formes d'assistance offertes par les associations professionnelles, les chambres de commerce. A noter que Bizlink, consultable sur l'Internet, peut être acheté sur disque afin d'être installé sur un serveur local.

Le point d'entrée de l'information gouvernementale affiche un menu simple. Il pourrait en inspirer certains. On souligne la possibilité de le visualiser sous forme de texte, une possibilité souvent ignorée en France.

Le point d'entrèe plus général sur l'Australie est fourni par AusInfo "Government Information for Australians" antrefois appelé "Australian Government Publishing Service" (un changement de nom qui souligne l'accent mis sur le client). Cela se traduit-il par un changement d'approche de l'information? On ne peut pas encore le dire. Mais on note qu'il donne accès au répertoire en ligne de l'administration. On observe que la version papier du répertoire est disponible à la vente alors que la consultation sur l'Internet est gratuite. 6000 noms sont actuellement répertoriés mais les données affichées ne donnent que le numéro de téléphone et l'adresse et pas encore l'adresse électronique.

4.3 Le rôle joué par la bibliothèque nationale australienne

Le site de la bibliothèque vaut le détour. C'est un point d'entrée de l'information en Australie qui ne se limite pas au catalogue de la bibliothèque. On peut rapprocher ce service offert par la bibliothèque nationale au rôle joué par son directeur qui a présidé le comité sur la gestion de l'information du gouvernement.

Conclusion

Ce chapitre a été écrit sur la seule base d'informations trouvées sur l'Internet. Son auteur ne disposait en effet pas de note écrite par l'ambassade sur le sujet. Il est donc une bonne indication des informations disponibles à distance sur la politique d'un pays qui a pris le virage de l'information sur l'Internet.

On retiendra de ce chapitre l'étude sur la gestion de l'information gouvernementale, le rôle attribué aux responsables de l'information, les points d'entrée avec les moteurs de recherche. Le plan d'action propose des échéances simples: fin 1998 pour le point d'entrée unique et l'intranet gouvernemental, début de l'an 2000 pour les paiements électroniques, 2001 pour les procédures en ligne.

L'Australie est donc un pays à suivre avec attention. On pourrait notamment le faire à travers notre participation à l'ICA (The International Council for Information Technology in government administration). Les Australiens semblent leaders dans ce groupe et très intéressés par ces possibilités de coordination

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