Historique bref de
Cabri-Graphe
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L'esprit Cabri
L'idée de CABRI (Cahier de Brouillon Informatique) s'est élaborée au plan national dans les années 1980 par différents acteurs travaillant en Combinatoire et particulièrement en théorie des graphes (Grenoble, Saint-Etienne, Paris-Orsay, Le Mans, Montpellier). Le concept est initialement dédié à la théorie des graphes mais propose en fait le principe plus général d'utiliser un ordinateur en lieu et place du papier (ou tableau) et du crayon (ou craie) pour aider toute activité de recherche ou d'enseignement.
A l'époque les universités sont surtout équipées (au niveau informatique) de terminaux reliés à des ordinateurs centraux, mais d'une part les premiers ordinateurs personnels voire des stations de travail performantes sont déjà présentes et d'autre part l'informatique graphique a fait des progrès considérables.
Dès les années 82-83, le laboratoire des structures discrètes et didactique (LSD) sous la direction de Jean-Marie Laborde et à l'apparition des premières machines graphiques (en particulier les LISA d'Apple suivis des Macintosh) entreprend d'acquérir ce matériel et s'attèle résolument au projet CABRI. Il apparaît en effet que les aspects (révolutionnaires pour l'époque) de convivialité et d'interactivité de ces ordinateurs correspondent exactement aux principes de CABRI.
La phase de démarrage 1983-85
- 1983
Les premiers Mac, au niveau des langages de programmation, sont assez pauvres : interpréteur Basic suivi d'un interpréteur Pascal. Ces interpréteurs ne permettent pas d'entrer dans la ToolBox et bâtir une application à la Mac, mais utilisent judicieusement toutes les ressources graphiques de cette boîte à outils.
Claude Benzaken, qui ne dispose pendant trois mois que du seul interpréteur Basic, réalise par curiosité ludique un mini prototype où l'on peut déjà apprécier les qualités graphiques du Mac (édition d'un graphe, modification en ligne de son dessin, transformation structurelle etc.) tandis que Michel Mollard et Jean-Marie Laborde défrichent l'environnement croisé en Pascal LISA-Macintosh.
- 1984
Claude Benzaken reprend (fin 83, début 84) le projet Cabri-Graphe sous l'interpréteur Pascal du Mac et constitue déjà un pseudo-logiciel un peu plus complet. En interaction avec lui, Jérôme Bordier, Michel Mollard et Jean-Marie Laborde (à partir de ses sources) produisent une version Pascal compilée sur LISA et exécutable de manière totalement autonome sur Macintosh.
- 1985
Fin 84, les Mac disposent d'un compilateur Pascal ainsi que d'un compilateur C-Megamax cependant que la gamme LISA va être abandonnée. Claude Benzaken reprend le travail de Jérôme Bordier, Michel Mollard et Jean-Marie Laborde (surtout pour l'interface) et l'adapte à l'environnement C-Megamax. La comparaison (à l'exécution) des codes produits donne un avantage sensible au langage C. Fin 85 et début 86 le logiciel est distribuable (disons pour employer une terminologie à la mode) comme version alpha.
L'essor 1986-91
- 1986 : le tournant
Jean-Marie
Laborde reprend les sources C (mal documentées) de Claude Benzaken et fait faire au
logiciel un progrès crucial. Si Cabri-alpha possède
toutes les caractéristiques de l'esprit CABRI, il reste
très limité : nombre de sommets borné (32 puis
64), un seul document à l'écran (certes avec un
presse-papier privé). Laborde dépasse toutes ces
limitations (qui ne peuvent plus se révéler que
dynamiquement selon les capacités de la machine hôte). Il
rajoute de nombreuses fonctionnalités (opérations
diverses, convivialité accrue etc.). On peut dire que le
succés visible du produit l'incite à entreprendre
dès cette date une nouvelle orientation, dans l'esprit de
CABRI, vers la constitution d'un environnement d'apprentissage de la
géométrie plane élémentaire. L'idée
de Cabri-géomètre est née.
- 1987-90 : Olivier Baudon
Jean-Marie
Laborde oriente et dirige les recherches d'Olivier Baudon sur
Cabri-graphe. Sa thèse s'achève et se soutient en
1990. De nombreuses contributions sont faites sur le logiciel :
génération aléatoire avec contraintes (à
la limite contradictoires), présentation(s) optimale(s) d'un
graphe selon les propriétés qu'il recèle, test de
planarité et dessin adéquat lorsque le test est positif
etc.
L'état du projet depuis 1992
La théorie des graphes apporte toujours et toujours de nouveaux
problèmes. Il apparaît donc que le projet Cabri-Graphe ne
doive jamais s'arrêter (sauf absence cruelle de
volontaires). Dans l'esprit CABRI on peut cerner deux courants dans
l'extension du projet :
- d'une part améliorer toute la
communication dessinée d'un graphe (prise en compte de
l'orientation éventuelle du graphe, de la multiplicité
des arêtes pour un graphe non-simple et traçé
adéquat des arêtes par des lignes et non plus des
segments de droite). Ce courant est pris en compte par Yves
Carbonneaux dans sa thèse.
- d'autre part introduire
plus de logique : par exemple prise en compte de
l'inférence. Dans un ordre d'idée voisin, et pour
éviter de créer un logiciel monstrueux prêt
à tout, permettre à l'utilisateur qui se
spécialise dans une des rubriques de la théorie des
graphes de construire son environnement logiciel correspondant.