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Thèmes développés
Les rapports entre les savoirs mathématiques et
les savoirs professionnels comme contraintes des systèmes
didactiques professionnels (Annie Bessot, Madeleine Eberhard,
Sylvain Déprez)
Le processus de conception de systèmes
mécaniques et son enseignement. La transposition didactique
comme outil d'une analyse épistémologique (Guy
Prudhomme, Annie Bessot et Daniel Brissaud (Laboratoire 3S))
L'algèbre linéaire, aspects
épistémologiques et didactiques (Jean-Luc
Dorier)
L'Enseignement de Mathématiques pour des
Étudiants de Sciences Économiques (Jean-Luc
Dorier)
Étude des contraintes du système
didactique et théorisation des pratiques des enseignants de
mathématiques (Claude Comiti)
Analyse de dispositifs de formation des enseignants de
disciplines scientifiques (Claude Comiti)
Etude didactique et épistémologique sur
l'enseignement du vecteur dans deux institutions : la classe de
dixième au Viêt-nam et la classe de seconde en France
(Lê Thi Hoai Châu, Claude Comiti et Jean-Luc
Dorier)
Enseignement et apprentissage de la notion d'aire de
surfaces planes : une étude de l'acquisition des relations
entre les longueurs et les aires au collège (Paula Moreira
Baltar Bellemain, Claude Comiti)
Etude des problèmes d'enseignement des grandeurs
géométriques - longueur, aire, volume et angle, ainsi
que les notions de périmètre et capacité - au
collège. (Paula Moreira Baltar Bellemain)
Enseignement des mathématiques en Europe
(Ghislaine Chartier)
Pratiques du professeur du double point de vue
écologique et économique. Le cas de l'enseignement des
systèmes linéaires et de la mise en
équations (Lalina Coulange, Annie Bessot, Jean-Luc
Dorier),
Etude du sort de problèmes de construction dans
le contexte français de l'enseignement des transformations
géométriques, au lycée, dans les années
90. (Neri Terezinha Both Carvalho , Madeleine Eberhard)
Etude didactique de l'enseignement de la
géométrie dans l'espace dans ses relations avec la
géométrie plane au lycée en France et au
Viêt-nam (Doan Huu Hai, Jean-Luc Dorier, Hamid Chaachoua
(Equipe EIAH, Laboratoire Leibniz))
Etude didactique des liens entre fonctions et
équations dans l'enseignement des mathématiques au
lycée en France et au Viêt-nam (Lê Van Tien,
Annie Bessot)
Etude didactique à propos des concepts de
physique enseignés au lycée avec la notion
mathématique de vecteur (Maria Ramos, Jean-Luc Dorier)
Articulation entre la calculatrice et l'approximation
décimale dans les calculs numériques de l'enseignement
mathématique secondaire. Le cas des calculs
trigonométriques. (Alain Birebent, Annie Bessot)
Rôle de la géométrie
(représentation, langage, intuition) dans l'enseignement et
l'apprentissage de l'algèbre linéaire. (Ghislaine
Chartier, Jean-Luc Dorier).
Les rapports entre les savoirs mathématiques et les savoirs professionnels comme contraintes des systèmes didactiques professionnels - Annie Bessot, Madeleine Eberhard, Sylvain Déprez
Notre hypothèse est que les difficultés
rencontrées par les élèves et les enseignants en
classe de mathématiques, dans les lycées professionnels
ou techniques, proviennent, pour une part, de la non-prise en charge
par les mathématiciens du rapport entre savoirs
mathématiques et savoirs utiles pour des disciplines non
mathématiques et pour la professionnalisation. C'est prendre
le parti de ne pas attribuer complètement ces
difficultés au recrutement des élèves par "
l'échec scolaire ". Des tentatives d'organisation de savoirs
mathématiques spécifiques aux professions peuvent
être analysées comme des réponses à la "
contrainte de double légitimité ", culturelle
(relations aux pratiques) et épistémologique (relation
aux mathématiques), que doit assumer tout enseignement
mathématiques dans une institution professionnelle :
l'existence de manuels intitulés " Mathématiques
pratiques ", maintenant obsolètes, l'atteste. Un indice de la
difficulté à faire exister des savoirs
mathématiques qui se légitiment culturellement par
leurs relations aux pratiques, est l'alternance de leur apparition ou
leur disparition comme discipline enseignée. Par exemple en
France, la géométrie descriptive de Monge (qui n'est
plus enseigné) a tenté une unification
mathématique de procédés pratiques de
construction ; dans son traité de " Leçons de
géométrie " (1901) Hadamard avait inclus un chapitre ("
notion sur la topographie ") dont certains éléments ont
été transposés dans des manuels de
géométrie pratique qui n'ont plus cours. Actuellement,
dans les programmes de mathématiques de l'ensemble des
filières professionnelles et technologiques, la " contrainte
de double légitimité " se traduit par la juxtaposition
de déclarations explicites sur le caractère
instrumental des savoirs mathématiques présents et de
justifications de choix de contenus peu éloignées de
celles des programmes des filières générales. En
fait, l'analyse des contenus de ces programmes montre qu'ils
résultent de troncatures des programmes de
mathématiques de l'enseignement général.
Par ailleurs, le besoin en mathématiques exprimé par
des enseignants non mathématiciens renvoie principalement
à une collection de savoirs mathématiques identifiables
à des savoirs de base du collège, y compris pour la
filière technologique : ce besoin exprimé semble
davantage correspondre à un " bagage " minimum
nécessaire au déroulement convenable de leur
enseignement plutôt qu'à des savoirs opératoires
pour la pratique future de leurs élèves.
Nos questions de recherches s'organisent autour de trois pôles
(depuis les savoirs et pratiques de référence jusqu'au
système d'enseignement).
1 &endash; Un premier pôle est relatif à la nature, la
visibilité et la nécessité de connaissances
mathématiques utiles à la pratique des chefs de
chantier ou des ouvriers qualifiés dans les métiers du
bâtiment.
2 &endash; Le deuxième pôle a trait aux savoirs
mathématiques présents dans des enseignements non
mathématiques. A quelles situations professionnelles sont-ils
référés? Comment sont-ils transformés par
leur co-existence avec d'autres savoirs ? Comment interviennent-ils
dans la gestion de la classe par l'enseignant non
mathématicien ?
3 &endash; Le dernier pôle concerne la classe de
mathématiques dans les lycées professionnels et
techniques : l'enseignant de mathématiques prend&endash;il
en
charge le projet professionnel de ses élèves ? Comment
se manifeste la " contrainte de double légitimité "
dans les interactions &endash; relatives au savoir en jeu
&endash;
entre enseignant et élèves ? Un rapport
spécifique aux savoirs mathématiques est-il mis en
place ?
Le processus de conception de systèmes mécaniques et son enseignement. La transposition didactique comme outil d'une analyse épistémologique - Guy Prudhomme, Annie Bessot et Daniel Brissaud (Laboratoire 3S)
Dans un marché compétitif, le processus de
conception de systèmes mécaniques prend une place de
plus en plus importante pour produire dans le meilleur délai,
au plus près des besoins et au moindre coût. Notre
travail a comme objectif de comprendre ce processus et de faire des
propositions pour son enseignement. Il montre qu'au cours d'un projet
de conception, si l'organisation des activités de conception
s'appuie initialement sur celle proposée par la méthode
de référence, le processus effectif va se
définir dans l'action, en s'adaptant aux singularités
de la situation.
Ce travail est le fruit d'un regard pluridisciplinaire, faisant
interagir les concepts de conception mécanique avec ceux de
didactique. Il s'appuie sur les observations de deux situations de
formation: l'une dans une institution d'enseignement, l'autre dans
une institution de formation en entreprise. Nous mettons en
évidence que les méthodologies qui font
référence sont celles proposées par les normes
(Analyse Fonctionnelle ou Analyse de la Valeur). Mais nous montrons
également que les pratiques effectives de conception sont
fonction de la capacité des concepteurs à mobiliser
d'autres savoirs, de différentes natures, qui vont être
considérés simultanément avec ceux de la
méthode. Ils sont les conditions écologiques
nécessaires pour que les concepteurs instrumentent les savoirs
de la méthode pour concevoir. Le processus est alors
bâti autour d'une conversation réflexive entre la
situation qui pose problème, le problème tel qu'il est
posé par les concepteurs et les solutions technologiques
envisagées comme possibles.
L'analyse de ces observations nous conduit à interroger les
situations d'enseignement à construire pour que les
étudiants apprennent sur le processus effectif de conception
des systèmes mécaniques dans un environnement
donné. Nous proposons d'instituer la pratique réflexive
pour repérer les connaissances mises en usage et nourrir le
répertoire personnel de connaissances des concepteurs.
Mots clés : Processus de conception, Conception
simultanée, Enseignement, Transposition didactique,
Epistémologie, Pratique réflexive, Systèmes
mécaniques
L'algèbre linéaire, aspects épistémologiques et didactiques - Jean-Luc Dorier
Cette recherche, conduite dans le cadre du G.D.R. "didactique"
depuis 1989, s'intéresse aux questions relatives à
l'enseignement de l'algèbre linéaire en première
année d'université scientifique. L'enseignement de la
théorie des espaces vectoriels dont chacun reconnaît
l'importance pour des étudiants scientifiques est
également ressenti comme particulièrement
problématique, par les étudiants comme par les
enseignants. Cette recherche se fonde avant tout sur une étude
détaillée de l'histoire et de
l'épistémologie de la théorie des espaces
vectoriels. Certains points de cette analyse ont été
plus particulièrement développés, notamment : le
concept de rang dans l'étude des systèmes
d'équations linéaires, les concepts de base et de
dimension, l'Ausdehnungslehre de Grassmann. Une analyse approfondie
de ces questions a été regroupée dans une
perspective élargie. A la lumière de ce travail nous
examinons, sur un plan assez large, la question des liens entre
l'épistémologie et la didactique. C'est autour de ce
thème que j'ai rédigé ma note de synthèse
pour le diplôme d'habilitation.
L'analyse historique laisse ressortir que la théorie moderne
des espaces vectoriels dont les prémisses ne datent que de la
fin du 19e n'a vraiment percé qu'à partir des
années 1920-1930. Si elle a permis d'aborder des questions
nouvelles d'analyse fonctionnelle où les espaces sont de
dimension infinie, son succès tient tout autant à son
pouvoir unificateur et généralisateur. Ainsi la plupart
des problèmes qui se résolvent maintenant à
l'aide de la théorie des espaces vectoriels l'ont d'abord
été à l'aide d'outils moins formels et plus ad
hoc. C'est bien entendu vrai pour la dimension finie, mais aussi pour
la dimension infinie, qui a donné lieu entre 1880 et 1920
à un élargissement de la théorie des
déterminants, qui est à la source de l'analyse
fonctionnelle. L'étude épistémologique des
concepts d'algèbre linéaire doit donc prendre en compte
des processus de généralisation. Dans ce sens, les
rôles respectifs joués par des domaines tels que la
géométrie et les équations numériques
sont fort distincts. A travers essentiellement l'utilisation des
déterminants (à partir de 1750), l'étude des
équations numériques a permis l'élaboration
d'une première théorisation du linéaire,
d'où est en particulier sorti, non sans mal, le concept de
rang. A la fin du 19e, celle-ci permettait de résoudre une
multitude de problèmes. Mais elle est toujours restée
avant tout un outil pratique, plus qu'un objet théorique. De
plus l'extrême technicité de certains calculs a parfois
masqué des résultat fondamentaux (cf. la genèse
du concept de rang). La géométrie a, quant à
elle, joué un rôle complexe. Le parallélogramme
des forces, connu depuis l'antiquité, est quasiment
anecdotique, car il y a loin de cette illustration de la
résultante de deux forces au concept d'addition
algébrique de deux entités géométriques.
En fait, à travers l'histoire de l'algèbre
linéaire, c'est tout l'historique des échanges
dialectiques entre algèbre et géométrie,
spécialement au cours du 19e, qui est en jeu : les premiers
calculs vectoriels (Möbius, Bellavitis), la
représentation géométrique des complexes, les
quaternions (Hamilton), et le calcul d'extension de Grassmann.
Sur le plan plus didactique, nos travaux sont organisés autour
d'une expérimentation à l'Université de Lille,
menée par Marc Rogalski. Il s'agit de l'élaboration
d'une ingénierie longue portant sur un enseignement d'une
soixantaine d'heures. Les questions didactiques liées à
la spécificité d'un projet long ont été
examinées en détail et de façon
générale dans cette recherche (problèmes de
maturation dans l'apprentissage, de retour en arrière, et de
connexion et articulation de moments distincts de l'enseignement,
etc.). Par ailleurs, comme nous l'avons souligné plus haut,
l'analyse épistémologique fait ressortir que les
concepts d'algèbre linéaire sont avant tout
unificateurs et généralisateurs, ils servent à
unifier diverses branches des mathématiques et à donner
des méthodes générales de résolution,
plutôt qu'à résoudre de nouveaux
problèmes. De cette spécificité
épistémologique découlent des contraintes
didactiques nouvelles qui ont conduit à l'utilisation dans
l'enseignement de l'algèbre linéaire du levier
"méta", c'est-à-dire l'explicitation d'un
questionnement des étudiants sur l'intérêt de
l'utilisation de la théorie des espaces vectoriels.
L'ingénierie mise en place est actuellement assez stable et a
pu être expérimentée pendant plusieurs
années successives, ce qui a permis de dégager des
régularités. Les questions actuellement les plus vives
portent sur la méthodologie de l'analyse, en particulier au
regard des spécificités liées au projet long et
de l'utilisation du levier "méta".
Ces travaux sont l'objets de collaborations avec des équipes
ou des chercheurs étrangers à Montréal
(Université Concordia), aux USA (Purdue University), au
Brésil (PUC de São Paulo) et au Maroc
(Université de Fès).
Autres participants : A. Robert, J. Robinet, M. Rogalski
(Équipe DIDIREM, Paris VII).
L'Enseignement de Mathématiques pour des Étudiants de Sciences Économiques - Jean-Luc Dorier.
L'enseignement de mathématiques dans les filières de
Sciences Économiques présente des particularités
liées tant au public à qui il est destiné
qu'à l'institution dans laquelle il a lieu. Le travail
mené dans ce cadre tend à dégager ces
spécificités et à mettre en place des
séquences d'enseignement qui leur sont adaptées. La
question principale se pose en terme de changement de rapport aux
mathématiques des étudiants qui arrivent en
première année de DEUG de Sciences Économiques.
Le but étant de leur donner les moyens de
réfléchir à leurs besoins en mathématique
par rapport aux sciences économiques, c'est la question de la
modélisation mathématique qui se trouvent au centre de
nos préoccupations. Nous avons mis au point une
séquence d'introduction permettant de soulever des questions
fondamentales quant à la modélisation et à
l'utilisation de mathématiques sur une situation qui ne
présente a priori aucun élément de
mathématiques. Le but est de faire réfléchir les
étudiants sur l'intérêt d'utiliser leurs
connaissances de mathématiques (élémentaires)
pour résoudre un problème qui sort du cadre scolaire
habituel et dans un deuxième temps de pouvoir mettre en place
un modèle mathématique dans lequel ces connaissances
vont être efficaces. Notre recherche s'oriente à
présent vers l'analyse des retombées d'une telle
séquence et sa coordination avec le reste de l'enseignement au
cours de l'année. Nous disposons d'un corpus de situations
d'enseignement permettant d'appliquer des outils mathématiques
à des problèmes économiques et nous cherchons
à les englober dans une approche unifiée autour de
questions centrales liées à la modélisation et
à l'utilisation des mathématiques dans des cadres
économiques.
Dans le cadre de cet axe de nos travaux, nous avons à
plusieurs reprises participé à des groupes de travail
sur le thème des mathématiques comme discipline de
service, dans des rencontres internationales. Il en ressort en
particulier des spécificités assez nettes des
mathématiques pour les sciences sociales, et
particulièrement pour l'économie ou la gestion, par
rapport aux mathématiques pour ingénieurs.
Néanmoins une part des problématiques est commune.
Autres participants : A.Bessot, L.Coulange et A.Birebent (Laboratoire
Leibniz)
Etude des contraintes du système didactique et théorisation des pratiques des enseignants de mathématiques - Claude Comiti.
Il s'agit de modéliser les interactions entre enseignant et
élèves relatives au savoir en jeu, dans une situation
à finalité d'enseignement, en prenant en compte les
conditions dans lesquelles sont placés l'enseignant et
l'élève pour pouvoir réaliser l'enjeu d'une
relation d'enseignement/apprentissage, dont notamment une contrainte
temporelle (la durée d'apprentissage est
déterminée par l'institution) et une contrainte
épistémologique (la connaissance acquise doit
être " conforme " à un savoir de
référence).
Cette modélisation a pour objet de donner du sens à
certains événements survenant en situation de classe
ainsi qu'aux décisions du professeur liées à ces
événements. Les événements et
décisions auxquelles nous nous intéressons sont ceux
qui sont déterminés par les caractères
spécifiques du savoir en jeu et de son usage dans la
classe.
Nous étudions notamment les décisions de l'enseignant
qui sont déterminées par les caractères
spécifiques des savoirs visés et leur usage par les
élèves, ainsi que le rôle des différents
assujettissements dans la prise de décision.
La première étape de cette recherche nous a conduite
à caractériser certains phénomènes
typiques de l'activité didactique révélateurs
des dysfonctionnements de la situation, (et notamment celui que nous
avons appelé " dédoublement de situation "). Dans une
deuxième étape, il s'est agi d'interpréter les
régulations assurées sur le contenu mathématique
en jeu, lors de tels dérèglements. Nous avons
analysé le système de régulation qui permet
d'assurer le maintien de l'équilibre nécessaire
à l'action didactique. Ceci nous a conduite à
repérer la signification des passages d'un type de contrat
à un autre et à confirmer notamment
l'intérêt et la pertinence d'une modélisation des
décisions locales de l'enseignant en terme de contrats
didactiques locaux (Brousseau 96).
Nos terrains d'analyse sont multiples : étude de
l'introduction de la racine carrée en classe de
troisième au collège en France (en collaboration avec
Denise Grenier, équipe CNAM), mais aussi étude de
l'enseignement des mathématiques en français dans des
classes bilingues de la ville de Vientiane, au Laos.
Analyse de dispositifs de formation des enseignants de disciplines scientifiques - Claude Comiti.
Ce thème de recherche est lié à à
l'émergence d'une conception plus professionnelle
qu'auparavant du métier d'enseignant avec la création
des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres au
début des années 90. Dans le cadre d'une formation qui
se préoccupe davantage aujourd'hui de comprendre, de
décrire et de préparer l'activité réelle
des élèves et des professeurs, une formation en
didactique apparaît intéressante à un double
titre : par les connaissances qu'elle apporte sur les conditions
didactiques de l'enseignement des mathématiques et par
l'analyse des moyens d'analyse et de compréhension de
phénomènes qu'elle propose. Parallèlement,
l'intégration d'une dimension didactique dans la formation des
enseignants et la mise en place de nouveaux dispositifs de formation
sont sources de questions pour la recherche en didactique des
disciplines. C'est dans ce double mouvement que se sont
développés, à Grenoble, les travaux du
Groupement d'Intérêt Scientifique " Recherches en
didactiques des disciplines et en sciences de l'éducation "
dont j'étais co-responsable avec Louise Dabène
(Laboratoire LIDILEM, université Stendhal). Il s'agissait
notamment d'étudier les conditions d'intégration et
d'utilisation de concepts et de méthodologies issues des
recherches en didactique des disciplines en formation des enseignants
et dans les pratiques professionnelles.
Notre travail dans ce contexte a permis d'éclairer les
différentes étapes de l'appropriation des concepts de
didactique par les professeurs - stagiaires en analysant
l'utilisation qu'ils en font dans leurs mémoires
professionnels. Nous avons notamment pu mettre en évidence
quatre étapes dans l'appropriation du concept de contrat
didactique. La première intitulée par nous " simple
référence ", souvent de l'ordre de l'emprunt d'un
signifiant théorique dans un énoncé de type
constatif, dénote un début de familiarisation
permettant au professeur-stagiaire de rattacher une connaissance
partielle et parfois déformée à des
phénomènes déjà connus de lui. La
seconde, dite de " développement ", consistant en
l'étude des règles du contrat pour une notion
mathématique à un niveau d'enseignement donné,
ressemble à un travail pratique qui permettrait au
professeur-stagiaire de porter un regard nouveau sur certains
problèmes d'enseignement et d'apprentissage, à propos
d'un objet de savoir au programme de sa classe en
responsabilité. Les deux dernières étapes, de "
mobilisation " du concept et de " disponibilité à des
fins professionnelles ", correspondent à un autre type de
relation au concept en jeu : le professeur-stagiaire montre qu'il est
capable de le faire fonctionner de manière constructive,
évalue les raisons qui le conduisent à utiliser son
cadre d'interprétation plutôt qu'un autre et explicite,
le plus souvent, les connaissances nouvelles que sa mise en
fonctionnement lui a permis d'acquérir sur sa propre
pratique.
Un résultat non moins important de notre travail porte sur
l'importance des allers et retours entre théorie et pratique
dans l'appropriation progressive de concepts de didactique : ce sont
essentiellement les mises en relation entre le travail
théorique et la mise en oeuvre personnelle du concept en jeu
pour la construction et l'analyse de situations professionnelles qui
sont productrices de connaissances nouvelles pour le
professeur-stagiaire, connaissances qui participent à son
appropriation du concept en jeu.
Etude didactique et épistémologique sur l'enseignement du vecteur dans deux institutions : la classe de dixième au Viêt-nam et la classe de seconde en France - Lê Thi Hoai Châu, Claude Comiti et Jean-Luc Dorier.
Le but de l'enseignement des vecteurs est de faire passer les
élèves de la géométrie euclidienne du
plan et de l'espace à une géométrie vectorielle
où ces mêmes plan et espace sont modélisés
en terme d'espaces affines associés aux espaces vectoriels de
deux et trois dimensions. Dans la mesure où la théorie
générale des espaces vectoriels n'est pas à la
portée des lycéens, ce n'est pas le modèle
axiomatique des espaces affines qui est proposé mais un
intermédiaire, l'ensemble des vecteurs
géométriques du plan et de l'espace. Cet ensemble a une
structure d'espace vectoriel si l'on travaille sur des classes
d'équivalence convenables, mais cette structure n'est pas
donnée axiomatiquement : un vecteur est donc défini
d'abord par ses caractéristiques géométriques de
norme, de direction et de sens, avec tous les problèmes
liés à la définition même de ces
termes.
Afin de déterminer dans quelle mesure les difficultés
rencontrées par les élèves vietnamiens
étaient spécifiques de l'institution vietnamienne ou
d'origine épistémologique, nous nous sommes
demandés si l'on rencontrait les mêmes
difficultés en France où les vecteurs sont introduits
dans l'enseignement secondaire depuis les années 1940 et
où l'évolution des programmes montre des
différences significatives avec les choix faits au
Viêt-nam.
Notre démarche consiste en un double point de vue
épistémologique et didactique qui repose sur les
hypothèses de travail suivantes :
- Une analyse comparative des conditions de l'enseignement et de
l'apprentissage des vecteurs, en première année de
lycée (élèves de 15 à 16 ans) au
Viêt-nam et en France, permettra de mettre en évidence
des régularités et des disparités d'une part
dans les contraintes de l'enseignement, d'autre part dans les
difficultés d'apprentissage des élèves.
- Une bonne connaissance des caractéristiques de la
genèse historique permettra une interprétation plus
fine et épistémologiquement mieux fondée des
difficultés récurrentes des élèves
rencontrées simultanément dans les deux pays.
Nos résultats confirment l'existence, pour les
élèves, de deux niveaux de difficulté :
difficulté à sortir du modèle euclidien et
à considérer des objets géométriques non
seulement sous un aspect mesure, mais aussi sous un aspect
"orientation" ; difficulté à concevoir correctement les
relations entre les diverses directions dans le plan ou dans l'espace
et à prendre en compte les deux caractéristiques
d'orientation du vecteur : direction et sens. Elle met en
évidence également des origines d'ordre
épistémologique à ces difficultés, tout
en montrant comment les choix d'enseignement effectués peuvent
contribuer à leur dépassement, ou au contraire,
à leur renforcement.
Mots clés : Géométrie vectorielle,
vecteur géométrique, sens, direction, point de vue
didactique, point de vue épistémologique, point de vue
institutionnel, institution, enseignement, programmes, enseignants,
élèves, difficultés, obstacle.
Enseignement et apprentissage de la notion d'aire de surfaces planes : une étude de l'acquisition des relations entre les longueurs et les aires au collège - Paula Moreira Baltar Bellemain, Claude Comiti.
Cette recherche porte sur la construction du concept d'aire chez
les élèves de collège et plus
particulièrement sur l'acquisition des relations entre les
longueurs et les aires, leur coordination lors de la mise en place
des formules d'aire et leur différentiation dans les
problèmes d'aire et de périmètre.
Des études préalables présentant les fondements
de la recherche du point de vue mathématique, de celui de
l'enseignement actuel en France et des travaux antérieurs sur
le thème permettent de placer la problématique dans le
contexte plus large des recherches en didactique.
L'étude de situations problème autour du concept d'aire
de surfaces planes, développée dans le cadre de la
théorie des champs conceptuels, puis la construction d'une
classification des situations, avec mise en évidence des
procédures de traitement possibles, ainsi que
l'élaboration d'un répertoire de
théorèmes en acte, apportent de nouveaux
éléments d'analyse des difficultés conceptuelles
rencontrées dans l'apprentissage du concept d'aire au
collège.
Nous présentons ensuite une ingénierie didactique
réalisée en classe de cinquième, dont les
résultats confirment la pertinence de l'approche de l'aire en
tant que grandeur, adoptée dans le travail. Cette approche
favorise en particulier la mise en cause des formules fausses et
l'acquisition des formules de l'aire des surfaces usuelles. La prise
en compte des situations dans lesquelles le point de vue dynamique
intervient, construites dans l'environnement
Cabri-géomètre, favorise de plus la mise en cause du
théorème en acte selon lequel l'aire et le
périmètre d'un parallélogramme varient
forcément dans le même sens ainsi qu'un début
d'utilisation, par les élèves, de la formule d'aire
d'un parallélogramme avec une lecture liée au domaine
des fonctions - usage plus élaboré que celui d'un moyen
de calcul.
Mots clés : Aire, périmètre, grandeur,
formule, invariants géométriques, point de vue
statique, point de vue dynamique, acquisition des connaissances,
théorie des champs conceptuels,
théorème-en-acte, ingénierie didactique,
Cabri-géomètre.
Etude des problèmes d'enseignement des grandeurs géométriques - longueur, aire, volume et angle, ainsi que les notions de périmètre et capacité - au collège - Paula Moreira Baltar Bellemain.
Cette recherche porte sur les problèmes d'enseignement des
grandeurs géométriques et de leurs mesures au
collège. Elle donne suite à notre propre travail de
thèse (Baltar, 1996) et à l'étude
développée, en coopération avec Annie Bessot et
Claude Comiti (DDM, LEIBNIZ, Grenoble) et Paulo Figueiredo Lima
(LEMAT, UFPE, Recife).dans le contexte d'un projet CAPES-COFECUB de
coopération scientifique en Didactique des
Mathématiques, entre la France et le Brésil.
Les grandeurs géométriques et leurs mesures ont une
place importante dans les pratiques sociales et professionnelles et
sont un objet de recherche actuelle au Brésil, de ce point de
vue. De plus, elles concernent différents cadres
mathématiques (le géométrique, le
numérique, le fonctionnel, etc.), traversent tous les niveaux
de scolarité, à travers des statuts divers et des
reprises qu'il est important d'analyser et de transmettre dans les
cursus de formation initiale et continue des enseignants.
Nos objets de recherche, autour de ce domaine mathématique,
vont alors dans trois directions qui s'articulent entre elles:
- l'étude diagnostique et comparative de problèmes
d'enseignement et d'apprentissage ;
- l'élaboration et expérimentation de dispositifs de
formation d'enseignants, et
- l'analyse des conditions d'enseignement, d'apprentissage ainsi que
des processus cognitifs sous-jacents.
Étude comparative du concept d'aire et des difficultés
d'apprentissage relatives à ce concept à l'école
élémentaire, au collège et en formation
d'enseignants
Nous cherchons à analyser les difficultés
rencontrées dans la pratique de l'enseignement de la notion
d'aire du côté des professeurs et du côté
des élèves, et leur prise en compte par les formations
initiales et continues. Il s'agit d'étudier notamment à
Grenoble et à Recife :
- l'importance accordée aux grandeurs et à leurs
mesures dans la formation des enseignants de mathématiques
;
- les différents choix de transposition didactique,
analysés à travers la place de ce domaine dans les
programmes et les manuels ;
- les pratiques de classe au collège lors de l'enseignement du
concept d'aire ainsi que le fonctionnement de connaissances des
élèves.
Cela nous conduit à analyser aussi le contexte institutionnel
de la formation initiale et continue des enseignants de
mathématiques, surtout le contexte brésilien qui passe
en ce moment par des changements très importants. Dans ce
travail, seront étudiés toutes les grandeurs
géométriques mentionnées ci-dessus, mais le
concept d'aire sera plus approfondi, avec un accent particulier sur
la notion de formule d'aire. Nous nous intéressons notamment
aux différents usages qui peuvent être faits des
formules (moyen de calcul, manipulation d'écritures
littérales et lecture fonctionnelle, par exemple) et ceux qui
sont effectivement travaillés à l'école
élémentaire et au collège, en France et au
Brésil.
Elaboration de dispositifs de formation d'enseignants dans le domaine
des grandeurs géométriques et de leurs mesures
Nous cherchons ici à construire et expérimenter des
dispositifs de formation initiale et continue des enseignants de
mathématique du collège, en prenant pour point de
départ des analyses diagnostiques des problèmes
d'enseignement des grandeurs géométriques et leurs
mesures. L'analyse de deux études sur les
représentations des enseignants brésiliens (Maia, 1998
& Campos, 1998) a montré que les concepts d'aire et de
périmètre ne sont pas considérés parmi
ceux qui sont sources de difficultés conceptuelles
importantes. Ceci est contradictoire avec les résultats des
nombreuses recherches conduites en France et dans le monde
anglo-saxon, sur l'apprentissage de ces concepts , qui montrent la
variété, l'importance et la résistance des
difficultés conceptuelles.
Notre travail nous a conduit à formuler quelques
interprétations (non exclusives) des raisons qui peuvent a
priori amener les enseignants brésiliens à
considérer que l'apprentissage des concepts d'aire et de
périmètre ne présente pas de difficulté
particulière. La vérification de la pertinence de
chacune de ces interprétations nous a conduit à mener
nos analyses dans trois directions : celle du fonctionnement des
connaissances des élèves, celle de la transposition
didactique, celle des représentations et des connaissances
(mathématiques et didactiques) des enseignants de
collège.
Le choix des stratégies de formation (Houdement et
Kuzniak,1996) utilisés dans les dispositifs mis en place
seront justifiés par rapport aux analyses menées pour
vérifier la pertinence de chacune des interprétations
ci-dessus.
Analyse des conditions d'enseignement et apprentissage des grandeurs
géométriques et de leurs mesures au collège et
des processus cognitifs sous-jacents
L'étude des conditions d'enseignement et apprentissage des
grandeurs géométriques sera basée sur la
construction, expérimentation et analyse d'ingénieries
didactiques au collège, au Brésil. Pour cela, les
analyses préalables ainsi que les résultats de
l'ingénierie didactique développée dans le
contexte de notre travail de thèse seront enrichies par
l'approfondissement de l'analyse a priori et par les résultats
de l'analyse des connaissances des élèves de
collège brésiliens, menée dans les études
précédentes.
En parallèle avec cette étude, nous cherchons aussi
à approfondir l'analyse des processus cognitifs sous-jacents
à l'enseignement et apprentissage des grandeurs
géométriques et de leurs mesures, dans le cadre de la
théorie des champs conceptuels et à caractériser
les différentes conceptions possibles (Balacheff - Equipe
Did@Tic) d'aire, avec mise en
évidence des champs de problèmes propres à
chaque conception, des opérateurs associés, des
systèmes de représentation et des structures de
contrôle.
Nous cherchons ici à étudier le fonctionnement des
concepts non seulement dans le contexte scolaire mais aussi dans les
pratiques sociales et professionnelles. Certaines conceptions d'aire,
par exemple, sont erronées du point de vue du savoir
mathématique savant et en même temps paraissent tout
à fait adaptées et pertinentes dans des contextes
professionnels. Nous savons que l'école brésilienne a
un nombre important d'enfants qui travaillent
(particulièrement dans la zone rurale) et cherche aujourd'hui
à prendre en compte les connaissances acquises par ces enfants
en dehors de l'école. Ceci nous amène à
défendre l'importance, du point de vue de la construction de
situations d'apprentissage à l'école
élémentaire et au collège, de mettre en
évidence les apports, les limites, les domaines de
validité, les filiations et les ruptures entre ces
différentes conceptions.
Enseignement des mathématiques en Europe - Ghislaine Gueudet-Chartier.
Cette étude, qui s'effectue au sein du groupe de
recherche-formation : " Mathématiques en Europe " de l'IREM de
Rennes s'intéresse à la comparaison de
différents aspects de l'enseignement des mathématiques
en Angleterre, en Allemagne et en France. Des échanges
d'activités ont été effectués au niveau
du collège, en géométrie, qui ont permis de
mettre à jour d'importantes différences dans les
résolutions proposées par les élèves des
trois pays pour un même exercice de géométrie. Au
lycée, nous avons étudié plus
particulièrement l'enseignement de la dérivation :
manière d'introduire cette notion, usage qui en est fait par
la suite…
Quelques éléments concernant notre travail peuvent
être trouvés sur le site de l'Irem de Rennes : http://www.maths.univ-rennes1.fr/irem,
à la rubrique : la vie des groupes en direct.
Pratiques du professeur du double point de vue écologique et économique. Le cas de l'enseignement des systèmes linéaires et de la mise en équations - Lalina Coulange, Annie Bessot, Jean-Luc Dorier.
Dans le cadre de notre travail de thèse, notre objectif
premier est d'étudier les pratiques enseignantes dans
l'enseignement des mathématiques au Collège et au
Lycée.
Nous nous intéressons plus précisément à
l'enseignement des deux objets spécifiques "systèmes
d'équations" et "mise en équations" en Troisième
et en Seconde pour les raisons suivantes :
- ce sont des enjeux d'enseignement relativement importants dans les
deux classes considérées (qui représentent un
moment de transition "fin de collège - début de
lycée" dans le système éducatif) et dans de
nombreuses autres institutions par la suite (au niveau du
supérieur).
- ce sont des objets de nature différente : l'objet
"système d'équations" peut être vu comme de
nature mathématique et l'objet mise en équations comme
une notion paramathématique. On peut donc faire
l'hypothèse que leur enseignement relèvent de pratiques
différentes de la part de l'enseignant.
Suivant l'approche anthropologique qui met en avant une "dialectique
des personnes et des institutions", nous considérons que le
professeur est soumis aux contraintes résultant
d'assujettissements à différentes institutions (qui
pèsent sur tout système didactique). Il reste à
l'enseignant un espace de liberté à gérer dans
le cadre de ces contraintes. Pour étudier ces contraintes et
"libertés" que nous dirons "externes", il nous est apparu
judicieux de nous placer dans une problématique de type
écologique et de faire une analyse de manuels et de programmes
du début du XXème à 1999 pour trouver des
éléments de réponses aux questions suivantes :
Quelles sont les contraintes propres aux rapports institutionnels
actuels aux objets "Systèmes d'équations" et "Mise en
équation" en classe de Troisième ? Qu'ont-elles
été à d'autres époques d'enseignement ?
Quelles ont été leur évolution d'une
période à l'autre ? Quelles "libertés possibles"
cela représente-t-il pour l'enseignant par rapport au
système de contraintes actuelles ?
Au sein de l'espace de liberté "externe" laissé
à l'enseignant, les régulations de la relation
didactique soumettent à leur tour le professeur à de
nouvelles contraintes que nous dirons "internes". Suivant une
approche de type économique, nous étudions ces
contraintes "internes" du point de vue des concepts de milieu des
contrats didactiques. Nous avons recueilli des données de
plusieurs types : réponses d'enseignants de Troisième
et de Seconde à des questionnaires, entretiens, observations
"naturalistes" dans une classe de Troisième au moment de
l'introduction officielle des systèmes d'équations,
expérimentation en classe de Seconde... À partir de
l'analyse du corpus ainsi constitué, nous cherchons à
apporter des éléments de réponse aux questions
suivantes : Peut-on définir certains choix et décisions
d'enseignants de Troisième au moment de l'introduction
officielle des systèmes d'équations ? Quelles sont les
connaissances didactiques et mathématiques qui sous-tendent
ces choix et décisions ? Quel contrat didactique
spécifique à la mise en équations semble
être mis en place en Troisième ? Quels
éléments pérennes de ce contrat didactique
semblent conditionner les attentes des enseignants et les
comportements d'élèves de Seconde ?
Etude du sort de problèmes de construction dans le contexte français de l'enseignement des transformations géométriques, au lycée, dans les années 90 - Neri Terezinha Both Carvalho , Madeleine Eberhard.
L'étude des figures dans l'enseignement de la
géométrie élémentaire s'est
traditionnellement organisée autour de questions que l'on peut
sommairement classer en problèmes de démonstration,
problèmes de lieux et problèmes de construction. Au
niveau du lycée, l'une des fonctions des problèmes de
construction était de mettre en jeu et en relief le
raisonnement dit par analyse-synthèse.
Depuis les réformes des années 80, les programmes ont
fait une part importante aux transformations, tant au collège
qu'au lycée, l'accent étant expressément mis au
lycée sur leur fonctionnement dans la résolution de
problèmes. On peu alors s'interroger sur la place et le
rôle, possibles et réels, des problèmes de
construction, au lycée, dans le contexte d'un enseignement de
transformations géométriques qui vise la mise en place
du point de vue "transformations ponctuelles" et l'exploration de
l'aspect "relation entre figures".
Cette question est à relier à notre hypothèse
générale que la présentation des transformations
comme outil d'étude des figures constitue une condition pour
la vie des problèmes de construction et qu'en retour, les
problèmes de construction sont des conditions pour
l'étude des propriétés des transformations.
Les questions de construction sont présentes tout au long du
collège. la mise en oeuvre de transformations conduit à
la délimitation d'un champ de problèmes qu'elles sont
susceptibles de résoudre. Dans l'enseignement au lycée,
l'étude de problèmes de ce champ passe-t'elle par
l'installation d'un rapport à ces questions incluant
l'explication de nouveaux raisonnements ?
Cette étude est menée à partir de la classe de
Seconde des années 90, prise comme observatoire. Si la
condition "classe de détermination" pèse sur chacun des
modes possibles de familiarisation au fonctionnement outil des
transformations pour certains types de problèmes, nous faisons
l'hypothèse qu'à rebours, cette condition
couplée à la condition "classe de transition" permet
une ouverture des choix possibles. C'est ce que nous testons dans une
étude de manuels.
Les conditions réelles de l'enseignement sont
appréhendées au travers d'études de cas :
questionnaires et entretien avec des professeurs, étude d'une
situation didactique expérimentale.
Etude didactique de l'enseignement de la géométrie dans l'espace dans ses relations avec la géométrie plane au lycée en France et au Viêt-nam - Doan Huu Hai, Jean-Luc Dorier, Hamid Chaachoua (Equipe Did@tic, Laboratoire Leibniz).
Un premier objectif de la thèse est de mener une
étude comparative entre deux systèmes d'enseignement
(niveau lycée), viêtnamiens et français, pour
caractériser :
- d'une part des spécificités et des ressemblances dans
les formes et les organisations des savoirs mathématiques
concernés (géométrie plane et dans l'espace)
;
- d'autre part des conditions sociales (et historiques) du
fonctionnement de ces formes et organisations.
Un deuxième objectif, en relation avec le
précédent, est d'analyser les rapports aux savoirs
mathématiques (géométrie plane et dans l'espace)
des différents acteurs (enseignants et élèves)
dans les systèmes didactiques étudiés
(Viêt-nam et France), ceci afin de
- cerner les contraintes qui pèsent sur les enseignants et
conditionnent les décisions qu'ils doivent prendre en
situation d'introduction de la géométrie dans l'espace
;
- caractériser les difficultés des élèves
à élargir et remettre en question leurs connaissances
et leurs pratiques de la géométrie plane à
l'espace ;
- déterminer des types de situations didactiques existantes
dans lesquelles les relations entre géométrie plane et
dans l'espace "vivent" ;
- donner des conditions d'optimisation, de contrôle et de
reproduction de situations prototypiques de mise en place de rapports
spécifiques aux deux types de géométrie ("
ingénierie didactique ").
Thèse soutenue (09/01)
Etude didactique des liens entre fonctions et équations dans l'enseignement des mathématiques au lycée en France et au Viêt-nam - Lê Van Tien, Annie Bessot.
La notion de fonction est centrale en mathématiques et son
importance se retrouve dans la place qui lui est accordée dans
l'enseignement au lycée. L'enseignement de l'analyse se fonde
sur deux piliers étroitement solidaires : le système
des nombres et le système des fonctions. Dans cette optique,
il paraît intéressant d'analyser les difficultés
de la transposition didactique de la notion de fonction en terme de
manques dans les solidarités de ces deux piliers (qu'il reste
à identifier). On peut aussi s'interroger sur ce qui est
réellement abordé du concept de fonction dans le
secondaire à travers les pratiques habituelles des
élèves et des enseignants dans le cadre des
programmes.
Or le concept d'équation permet d'établir des relations
entre fonctions et nombres d'un certain point de vue, qu'il s'agit de
préciser. Peu de travaux de didactique des
mathématiques se sont intéressé à
l'enseignement et à l'apprentissage des équations dans
leurs relations au concept de fonction.
De plus, dans l'enseignement actuel, si la notion de fonction ne peut
vivre sans la notion d'équation, la notion d'équation
peut être présente en l'absence de la notion de
fonction, comme par exemple au collège en France.
L'introduction, en tant que nouvel objet, de la notion de fonction au
début du lycée en France, change nécessairement
le rapport institutionnel aux équations. Au Viêt-nam, la
notion de fonction est introduite au même moment que celle
d'équation. Cela suggère des rapports institutionnels
aux équations, différents dans les deux pays.
Quelles sont les conséquences de tels choix curriculaires sur
la formation en mathématiques des élèves dans le
domaine de l'analyse au sortir du lycée ? Comment, quand et
pourquoi se sont mis en place ces organisations dans l'un et l'autre
système d'enseignement ? Quels sont les difficultés
spécifiques corrélatives à chacun des
systèmes d'enseignement français et vietnamiens ?
Thèse soutenue (09/01)
Etude didactique à propos des concepts de physique enseignés au lycée avec la notion mathématique de vecteur - Jean-Luc Dorier.
L'interaction entre vecteur en mathématiques et grandeur
vectorielle physique est faite dans l'étude en
mécanique lorsque le mot vecteur apparaît implicitement
dans l'étude du mouvement de translation d'un solide et
apparaît dans l'étude de la vitesse et de la force dans
un amalgame entre grandeur vectorielle et vecteur représentant
de la grandeur vectorielle. Le mot vecteur est absent de la
définition de mouvement de translation car il est
défini par la notion de segment.
Ainsi il sera intéressant d'apporter des
éléments nouveaux de réflexion sur les liens
entre mouvement de translation et translation et vecteur
mathématiques.
La force et la vitesse sont définies comme ayant les trois
caractéristiques du vecteur géométrique (norme,
direction, sens) et une origine (un point d'application).
Nous nous proposons aussi d'investiguer les conditions dans
lesquelles l'outil vectoriel est mobilisable (Robert, 1998), dans un
contexte physique (équilibre de forces).
Ces types de situations nous paraissent intéressants à
travailler pour permettre une meilleure synergie entre
mathématiques et physique qui devrait profiter aux deux
disciplines.
De cette façon, notre recherche s'inscrit dans le cadre
général de la recherche en didactiques des
mathématiques voire de la physique.
Articulation entre la calculatrice et l'approximation décimale dans les calculs numériques de l'enseignement mathématique secondaire. Le cas des calculs trigonométriques - Alain Birebent, Annie Bessot.
Parmi les problèmes didactiques que ne cesse de poser la
calculatrice à l'enseignement mathématique secondaire
(en collège et en lycée) depuis son introduction
officielle aux débuts des années 80, nous analysons
ceux qui ressortent des relations qu'elle entretient avec
l'approximation décimale au cours de calculs
numériques.
Ces relations se développent à partir des
différents savoirs mathématiques en jeu dans
l'enseignement du Calcul numérique et qui touchent tant
à l'organisation des calculs qu'à utilisation ou
à l'interprétation des résultats dans
différents cadres (géométrique,
numérique, analytique, etc.). En dégageant des
conditions écologiques de la vie ces savoirs dans
l'enseignement actuel et en suivant leur évolution dans
l'institution, nous cher-chons à qualifier la nature de la
cohabitation actuelle entre la calculatrice et l'approxima-tion
décimale : peut-il s'agir d'une articulation, au sens d'un
ensemble d'interactions guidées par des contrôles sur
les résultats décimaux à partir de savoirs sur
les erreurs et la propagation de ces erreurs dans les calculs ? et
dans quelle mesure, cette articulation, si elle existe,
s'ins-crit-elle dans l'enseignement de l'Analyse du lycée
?
La présence de la calculatrice (et l'éviction des
tables numériques) autorise (et élimine) des techniques
et des pratiques qui façonnent les rapports au Calcul
numérique des élèves et des professeurs. En
décrivant les composantes instrumentales de ces rapports et en
étudiant leurs genèses individuelles et collectives
dans l'activité mathématique de la classe et de chacun
des acteurs, nous cherchons à les insérer dans une
économie didactique du Calcul numérique
instrumenté : à quelles conditions cette
éco-nomie peut-elle favoriser l'articulation entre la
calculatrice et l'approximation décimale et son
intégration dans l'enseignement actuel de l'Analyse ?
Nous avons choisi les calculs trigonométriques qui nous
permettent de cibler autour d'enjeux didactiques institutionnels
forts, à la fois l'objet mathématique "approximation
numérique décimale" et l'objet technique
"calculatrice", et d'analyser leur cohabitation dans des calculs
numériques. De la classe de quatrième à celle de
première S, ils activent de nombreux calculs numériques
où la calculatrice est systématiquement
appelée.
La partie expérimentale de notre recherche comporte une
série d'exercices proposée à des enseignants de
seconde sous la forme d'un devoir surveillé et une
ingénierie composée de trois séances de modules
en première S. Cette ingénierie porte sur le
"problème du fabricant de tables" et son principal enjeu
didactique est la numérisation décimale de la fonction
"cosinus degré" sur l'intervalle [0 ; 90].
Thèse soutenue
Rôle de la géométrie (représentation, langage, intuition) dans l'enseignement et l'apprentissage de l'algèbre linéaire - Ghislaine Chartier, Jean-Luc Dorier.
Notre objectif est d'analyser en quoi la géométrie
peut être utile pour l'enseignement et l'apprentissage de
l'algèbre linéaire. Une première
difficulté consiste à préciser le sens du terme
" géométrie ", qui peut aussi bien désigner la
géométrie élémentaire, fondée sur
les axiomes d'Euclide, qu'une théorie reposant elle-même
sur l'algèbre linéaire. D'autre part l'expression "
intuition géométrique ", qui est fréquemment
employée par les enseignants lorsqu'on leur pose la question
de l'usage de la géométrie en algèbre
linéaire, admet elle aussi des interprétations
très variées.
C'est le travail de Fischbein au sujet de l'intuition en sciences, et
en particulier en mathématiques, qui nous permet
d'entreprendre une analyse plus précise de ce peut être
l'intuition géométrique en algèbre
linéaire. Selon Fischbein, l'intuition fournit des
représentations qui permettent au raisonnement d'être
productif en offrant à celui-ci des bases ayant l'apparence de
certitudes. Un important facteur d'intuition est l'emploi de
modèles. Fischbein en distingue plusieurs types :
modèle analogique (indépendant de l'original),
modèle paradigmatique (un exemple, choisi comme le plus
représentatif d'une classe) ; modèle
intramathématique ou extramathématique (l'emploi de
dessins se rattache en particulier à ce dernier type de
modèles).
Cette théorie peut être employée pour une analyse
cognitive, mais aussi pour une approche
épistémologique. Nous l'utilisons ainsi pour
étudier le rôle de la géométrie dans la
genèse et l'évolution de l'algèbre
linéaire ; on peut observer dans des œuvres de Leibniz,
Grassmann, Riesz ou Schmidt différents types d'emplois de
modèles issus de la géométrie.
Après cette analyse historique, nous étudions comment
l'algèbre linéaire a été
insérée dans les programmes de lycée, en
association avec la rénovation de l'enseignement de la
géométrie. L'algèbre linéaire a
totalement disparu de l'enseignement secondaire en 1986 ; il reste
cependant dans les programmes du secondaire des notions,
rencontrées dans le cours de géométrie, et que
les étudiants retrouveront dans les cours d'algèbre
linéaire, bilinéaire, et même d'analyse
fonctionnelle (par exemple : base, projection). Nous avons
étudié la vie et l'évolution de ces notions tout
au long du cursus scolaire : y a-t-il des propriétés,
vues dès le secondaire, et qui restent pertinentes
au-delà ? Quelles sont les propriétés
entièrement nouvelles, et quels problèmes peuvent-ils
être posés par le fait que ces notions ont
déjà été rencontrées auparavant ?
Quelles sont les praxéologies associées, dans le
secondaire et dans le supérieur (tâches semblables,
tâches nouvelles ; évolution des techniques et des
technologies ....)
Cette étude nous a guidés pour l'élaboration de
deux questionnaires, l'un destiné à des
enseignants-chercheurs et l'autre à des étudiants de
CAPES ou de maîtrise. Nous avons encore recours à la
théorie de Fischbein pour analyser, en termes d'emplois de
modèles géométriques, les réponses
à ces questionnaires. Nous observons ainsi des
décalages entre les modèles que les enseignants
supposent à l'œuvre chez les étudiants et ceux que
ces derniers semblent utiliser de manière effective. Les
étudiants qui sont confrontés au cours de leurs
études à des usages très différents de la
géométrie par les enseignants d'algèbre
linéaire peuvent notamment construire spontanément des
modèles inadaptés, dans lesquels interviennent aussi
des connaissances de géométrie de l'enseignement
secondaire.
Nous poursuivons actuellement l'étude de ces questions, pour
tenter notamment de préciser comment les enseignants
pourraient contribuer à l'élaboration par les
étudiants de modèles géométriques
adaptés à la pratique de l'algèbre
linéaire.
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